Les proies

Avis général : Thriller psychologico-érotique qui nous maintien sous tension

Les (+) :

Le titre est particulièrement bien choisi… Durant tout le film on se demande : qui sont les proies ? Les femmes par rapport aux hommes ? Les civiles par rapport aux soldats ? Le caporal par rapport aux femmes ? En réalité je pense qu’il s’agit de tout le monde. Le message est que nous sommes tous les proies de nos sentiments et de nos émotions. Peu importe l’ordre établi, strict, culturel, raisonné… le moindre événement perturbateur peut tout chambouler et le naturel revient au galop.

Sofia Copola a mit l’accent sur la nature grâce à de longs plans fixes sur la forêt, les arbres, l’herbe, les oiseaux… Comme si la nature n’était faite que de paix et de volupté. Les éclairages sont doux, emmêlés de brume, ou tremblotant comme les flammes d’un chandelier.

J’ai aimé la métaphore du jardin pour symboliser l’état d’esprit des résidentes. Le jardin commence à se faire envahir par les hautes herbes, il est laissé à l’abandon, en proie aux lois naturelles. « Il vous faut un homme pour entretenir régulièrement ce jardin ». Mais la nature est trompeuse et destructrice. C’est pourquoi Miss Marta essaye à tout prix de maintenir l’ordre à travers les prières et l’éducation, et ainsi rappeler à toutes qu’il faut résister à ses passions.

C’est un film sensitif mêlant regards, petits gestes et moindre bruit… Je suis particulièrement attentive et sensible à la communication par les yeux et les expressions du visage (je communique moi même beaucoup ainsi). J’ai donc été touchée par le jeu des acteurs qui, sans dire un mot, parviennent à transmettent tellement d’informations sur les réflexions des personnages. Certains plans sont volontairement frustrants pour le spectateur, cachant le visage des personnages afin qu’on ne puisse pas deviner leur état d’esprit à cet instant précis (cassants les codes du cinéma avec le classique champ/contre-champ). Le regard vengeur de Nicole Kidman lors du dernier repas est particulièrement glaçant…

Les sons sont très importants dans ce film sans musique. Le moindre craquement dans cette vieille bâtisse semble résonner dans toutes les pièces. On sent qu’on est épié, confiné, écouté. Certaines scènes me font penser à de l’ASMR (autonomous sensory meridian response) : les tissus froissés, le pied d’un champignon qu’on casse, une bougie qu’on allume, une brise du soir dans les cheveux,…

Les personnages sont très intéressants à découvrir. Le caporal est considéré comme l’étranger tout au long du film. Mais on se rend compte que ce sont les femmes du pensionnat qui nous sont étrangères. On les découvre à travers leurs instincts se révélant au contact du caporal. Leur place, leur rôle, leur personnalité bien tranchée se révèle progressivement jusqu’au paroxysme du jeu de séduction : le premier repas avec le caporal. Les jalousies, les désirs, les convoitises, les rivalités se sentent plus que jamais (particulièrement bien illustrés avec la scène de la tarte aux pommes).

Les (-) :

Peu de choses à reprocher à ce film. Je dirais qu’il y a eu quelques longueurs parfois, j’aurais peut-être retiré une 10aine de minutes en tout.

Je regrette également qu’il n’existe pas de bande originale pour rythmer un peu le tout (mais c’est un parti pris que je peux comprendre).

Mais ce n’est que mon avis…😉 

Poppy

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